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Front de la Contre-Subversion - Page 6

  • Friedrich Nietzsche : « De l'amour du prochain »

    2571927859.jpgVous vous pressez contre votre prochain et vous avez de belles paroles pour parler de votre attitude. Mais je vous le dis : votre amour du prochain n’est que votre mauvais amour de vous-même.

    Vous vous fuyez en vous pressant contre votre prochain, et de cette fuite vous voudriez faire une vertu : mais je perce à jour votre oubli de soi.

    Le toi est plus ancien que le moi. Le toi est sanctifié, mais non encore le moi. C’est pourquoi l’homme se presse contre son prochain.

    Vous conseillerais-je l’amour du prochain ? Je préférerais vous conseiller de fuir le prochain et d’aimer le lointain.

    Plus haut que l’amour du prochain est l’amour du lointain et du futur. Et je place l’amour d’une cause ou d’un fantôme plus haut que l’amour des hommes.

    Ce fantôme qui marche devant toi, mon frère, est plus beau que toi ; pourquoi ne lui donnes-tu pas ta chair et tes os ? Mais tu as peur et tu cours vers ton prochain. Vous ne pouvez pas vous supporter et ne vous aimez pas assez. Alors vous voulez séduire l’amour de votre prochain et vous dorer de son erreur sur vous.

    Je voudrais que vous ne puissiez supporter tous les prochains et tous les voisins des prochains. Alors c’est en vous-mêmes que vous devriez créer votre ami et son cœur débordant.

    Vous invitez un témoin lorsque vous voulez dire du bien de vous-mêmes ; et lorsque vous l’avez induit à penser du bien de vous, vous avez une bonne opinion de vous.

    Ce n’est pas seulement celui qui parle contre ce qu’il sait qui ment, mais aussi celui qui parle contre ce qu’il ne sait pas. Vous parlez de vous dans vos relations et trompez votre voisin sur vous-mêmes.

    Ainsi parle le fou : « La fréquentation des hommes corrompt le caractère surtout lorsque l’on n’en a pas. »

    L’un va à son prochain parce qu’il se cherche, et l’autre parce qu’il veut s’oublier. Votre mauvais amour de vous-mêmes fait de la solitude une prison.

    Les hommes lointains sont ceux qui payent pour votre amour du prochain. Et dès que vous êtes rassemblés à cinq, un sixième doit mourir.

    Je n’aime pas vos fêtes : j’y trouve trop de comédiens ; et les spectateurs aussi s’y comportent souvent comme des comédiens.

    Je ne vous enseigne pas le prochain, mais l’ami. Que l’ami vous soit une fête de la terre et le pressentiment du Surhomme.

    Je vous enseigne l’ami et son cœur débordant. Mais il faut savoir être une éponge lorsqu’on veut être aimé par des cœurs débordants.

    Je vous enseigne l’ami qui porte en lui un monde accompli, une coupe du bien, l’ami créateur qui a toujours un monde accompli à offrir.

    Et s’il voit son monde tomber en morceaux, il le voit aussitôt se regrouper en cycles, comme le devenir du bien à travers le mal, le devenir du but à travers le hasard.

    Que l’avenir et le plus lointain soient les causes de ton présent : dans ton ami tu dois aimer le Surhomme comme ta propre cause.

    Mes frères, je ne vous conseille pas l’amour du prochain ; je vous conseille l’amour du lointain.

    Ainsi parlait Zarathoustra.

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    Friedrich Nietzsche ─ Ainsi parlait Zarathoustra (1885)
    Éditions du Labyrinthe, trad. Robert Dun, 1983 ; 2° édition, AHE, 1988.

  • Guido De Giorgio : « L'Instant et l'Éternité (Le mythe de l'avenir) »

    3165495526.jpgOn peut dire que le sacré se distingue du profane en ceci qu'il est essentiellement tourné vers le passé pour fixer les étapes d'une procession qui trouve nécessairement sa culmination dans un « présent ». Ce « présent », c'est le point métaphysique où se jette l'éternité, où les mondes se dissolvent dans une ampleur sans limites, une durée sans rythme, une béatitude sans fin. Le présent est l'éternité ; le passé n'est que le vestibule qui mène vers, qui introduit dans l'éternité. Refaire, reparcourir tout le cycle qui s'accomplit dans le point signifie porter avec soi l'expérience des siècles, toute l'évolution cosmique pour en dénouer la trame dans la pupille de Dieu.

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  • Julius Evola : « Le sexe dans le monde moderne »

    1206746327.jpgChacun sait quel rôle joue le sexe à notre époque, au point qu'on pourrait parler, aujourd'hui, d'une espèce d'obsession sexuelle. Jamais comme aujourd'hui, le sexe et la femme n'ont été mis au premier plan. Sous mille formes, la femme et le sexe dominent dans la littérature, le théâtre, le cinéma, la publicité, dans toutes la vie pratique contemporaine. Sous mille formes, la femme est exhibée pour attirer et intoxiquer sexuellement, sans cesse, l'homme. Le strip-tease, la mode américaine de la fille qui, sur scène, se déshabille progressivement, ôtant l'un après l'autre ses dessous les plus intimes, jusqu'au minimum nécessaire pour maintenir chez les spectateurs la tension propre à ce « complexe d'attente », ou état de suspense, que la nudité immédiate, complète et effrontée détruirait ─ cela a une valeur de symbole qui résume tout ce qui, dans les dernières décennies de la civilisation occidentale, s'est développé, dans tous les domaines, sous le signe du sexe. On a bien sûr utilisé les ressources de la technique. Les types féminins plus particulièrement fascinants et excitants ne sont plus seulement connus, comme autrefois, dans les zones restreintes des pays où ils vivent ou bien se trouvent. Soigneusement sélectionnées et mises en relief à tout prix, à travers le cinéma, les revues, la télévision, les magazines illustrés et ainsi de suite, actrices, « étoiles » et misses deviennent les foyers d'un érotisme dont le rayon d'action est international et intercontinental, de même que leur sphère d'influence est collective, n'épargnant plus les couches sociales qui vivaient, en d'autres temps, à l'intérieur des limites d'une sexualité normale et anodine.

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  • « L'identité : espoir ou menace ? » ─ (Krisis / Éléments)

    « L'identité : espoir ou menace ? », c'est le thème de la conférence animée par Alain de Benoist, directeur de la revue Krisis et éditorialiste du magazine Éléments, et Thibault Isabel, rédacteur en chef de Krisis.

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    L’actualité et la prégnance de la question identitaire en France a fait l'objet d'un numéro exceptionnel de la revue Krisis, avec des contributions d'une quinzaine de chercheurs, d'écrivains et de philosophes.

    Depuis 40 ans, l'identité est au cœur du travail de réflexion du mouvement dit de la « Nouvelle Droite ». Un travail idéologique salué par Michel Onfray, Eric Zemmour ou plus récemment… Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti socialiste a avoué : « aujourd'hui l'idéologie dominante n'est pas celle de la gauche mais celle – les spécialistes me comprendront – de la Nouvelle Droite, celle de l'identité avant l'égalité. »

    Une analyse sommaire qui mérite des explications !


  • Valérien Cantelmo : « L’épopée napoléonienne : l’éternité d’un mythe »

    2510890440.jpg« Qui de nous, Français ou même étrangers de la fin du XIXe siècle, n’a pas senti l’énorme tristesse du dénouement de l’Epopée incomparable ? Avec un atome d’âme c’était accablant de penser à la chute vraiment trop soudaine du Grand Empire et de son Chef ; de se rappeler qu’on avait été, hier encore, semble-t-il, à la plus haute cime des Alpes de l’Humanité ; que, par le seul fait d’un Prodigieux, d’un Bien-Aimé, d’un Redoutable, comme il ne s’en était jamais vu, on pouvait se croire, aussi bien que le premier Couple dans son Paradis, maîtres absolus de ce que Dieu a mis sous le ciel et que, si tôt après, il avait fallu retomber dans la vieille fange des Bourbons ! »

    Cette évocation est extraite du bref essai de Léon Bloy, L’âme de Napoléon, dans lequel il présente une vision très personnelle de celui qu’il désigne aussi comme « la Face de Dieu dans les ténèbres ». Un ouvrage foncièrement partial, ouvertement élogieux mais surtout éminemment mystique. L’auteur du Sang du Pauvre y développe ses réflexions sur l’Empereur ou plutôt sur la signification de ce dernier dans l’Histoire. Léon Bloy défend l’idée que l’apparition de Napoléon ne relèverait pas de simples contingences humaines mais qu’elle s’inscrirait dans un « plan » dont les modalités ne seraient connues que de Dieu seul. L’auteur va même plus loin en qualifiant l’épopée napoléonienne d’événement le plus important depuis le passage de Jésus Christ sur terre. Selon lui, la grandeur infinie qu’a répandue cet homme tout au long de son existence et la fin misérable qu’il a subie ne peuvent signifier qu’une chose : l’annonce de la fin des temps, l’ultime manifestation divine avant la parousie finale. Nous laissons Léon Bloy à ses interprétations qui ont le mérite d’être exposées dans un style grandiose qui saisirait jusqu’au plus profond de son âme l’athée le plus convaincu (interprétations qui rappellent d’ailleurs celles de Savitri Devi à propos de la venue d’un autre chef de guerre, dont la chute est advenue cent-trente ans après celle de son « prédécesseur »).

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  • Luc-Olivier d'Algange : « Discours contre l'uniformisation des êtres et des choses »

    1948614848.jpgLongtemps les formes furent honorées en ce qui les différenciaient les unes des autres. Les hommes trouvaient un bonheur à la fois sensuel et intellectuel à rendre hommage à ce qui se distingue. La diversité et la variation plaisaient à leurs regards. Par une attention et des attentions dévouées, ils aimaient à servir ce qui leur donnait à penser des nuances, la polyphonie, le versicolore, la multiplicité des styles, des genres et des états de conscience et d'être. Les Yézidis, par exemple, depuis des temps antérieurs au monothéisme, adoraient l'Ange-Paon, le messager qui diffracte et déploie en couleurs la lumière primordiale, et leur fidélité dans cette adoration leur vaut aujourd’hui, avec et après tant d'autres, d'être l'objet du ressentiment le plus vil et de la haine la plus obscure.

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  • Guido De Giorgio : « Retour à l'esprit traditionnel »

    3738690382.jpgCe monde se dirige vers sa fin : inexorablement, depuis des siècles il se dirige vers sa fin. Les représentants officiels des grandes traditions ont fini par pactiser avec la décadence des profanes, tout ce qui était sacré est devenu domaine des laïcs, qui ont démantelé tous les temples pour y faire périr l'écho des paroles de vérité. La décadence de l'Europe, à partir du XIVe siècle, est le fruit de cette laïcisation de l'esprit, des mœurs et de la vie. Celui qui saisi les raisons profondes de cette désagrégation séculaire, peut opposer à l'écroulement du temple l'audace de sa force, force de vérité qui veut retourner aux saintes origines.

    Retourner aux origines, non revenir en arrière, car on ne peut pas revenir en arrière. Dans cette vie indissociable de la succession, il ne peut pas y avoir de moments identiques : chaque tourbillon est nouveau dans le tumulte des flots. Mais on peut en revanche retourner aux origines, à un esprit normal de compréhension de la vérité et orienter toutes les forces de la connaissance dans une direction qui soit sur l'axe même des vérités traditionnelles. Les hommes d'aujourd'hui ─ un aujourd'hui qui dure depuis des siècles ─ sont des faussaires de la vérité ; ils ont corrompu vie et pensée, imposant à l'Europe d'abord et au monde entier ensuite leurs multiples hystéries dans les deux domaines de la pensée et de l'action. Eux, qui parlent au nom de l'Esprit, de l'Art, de l'Humanité, ne parlent en fait que pour eux-mêmes : ils imposent leurs hallucinations, leurs ténèbres, leur idiotie ─ car, pour le dire avec saint Thomas, ces hommes ne sont que des rudissimi idiotae, qui ont vidé le temple et construit sur un sentier d'argile des idoles d'argile. Et ils appellent ces idoles, gâchage de la terre stérile, Esprit, Art, Humanité.

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