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Front de la Contre-Subversion

  • « Les Grands Mythes ─ La série » (Arte)

    Réalisée à partir d’une animation originale et d’iconographies choisies dans l’ensemble de l’histoire de l’art, cette série de vingt épisodes raconte les mythes grecs. Une création tout en images, qui égrène les destins passionnants des dieux, des héros, et des grandes figures de la mythologie.

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  • Jean Phaure : « La liquéfaction : Subversion finale »

    « Nous ne devons pas oublier que nous vivons à une époque où le côté animal de l'homme dégénère souvent en une corruption effrénée : nous pataugeons dans la boue. »
       Paul VI. Allocution pontificale du mercredi 13 septembre 1972.

    Jean_Phaure.jpgPour qui est familier de l'Apocalypse et des grands écrits prophétiques de toutes les traditions, la lumière terriblement trouble qui baigne aujourd'hui le monde et les éclairs accélérés qui le traversent prennent de plus en plus de signification eschatologique. Tout homme de Tradition aperçoit aujourd'hui que l'humanité est entrée dans les étapes finales de son involution cyclique, et en particulier dans celle qui remplace maintenant la solidification matérialiste : la liquéfaction. Après la raideur cadavérique, voici la liquéfaction du corps en décomposition, et ses pestilences,... que certains hument comme des parfums.

    Car cette phase est avant tout celle de l'illusion quasi-générale. Les puissances du Mensonge, sous des masques variés et parfois antagonistes, sont partout au pouvoir. La majorité des habitants de la planète, dans l'exacte mesure où elle est de plus en plus concernée par le progrès technologique et la décadence spirituelle, s'imagine toucher à un âge d'or social et scientifique imminent. Aussi sont-ils peu nombreux ceux qui ne sont pas eux-mêmes atteints par cette liquéfaction intellectuelle et psychique, et préfèrent-ils souvent le silence à de vaines mises en garde... En effet, qui dans notre monde qui veut encore lutter et essayer de remonter la douillette et confortable pente de l'universel abrutissement ? A qui s'adresser ? Vers qui se tourner ? Un spiritualiste est dans notre société très exactement un « martien » que l'on ne tolère que dans la mesure où son « pittoresque » demeure souriant et débonnaire ; mais s'il met les pieds dans le plat et se met à rappeler à haute voix, ne serait-ce que les enseignements spirituels des Évangiles, il est considéré comme un gêneur et promptement évacué hors du cercle des gens « bien » ─ et pourvus... Or, pour ceux qui sont arrivés à un certain « point de non-retour », il n'est plus possible de se taire ; la vérité n'est pas une chose que l'on murmure mais que l'on ne peut que crier, comme le disait le grand « gêneur » Léon Bloy, qu'il n'est pas toujours de « bon ton », un demi-siècle après sa mort, d'admirer à haute voix, surtout dans les milieux dits « religieux ».

    « ...Aujourd'hui, au seuil de l'Apocalypse où nous voici parvenus, sur le bord d'un abîme dont la profondeur nous est inconnue, ─ alors qu'il ne s'agit même plus de la révolte médiocrité du monde chrétien, mais seulement de savoir, comme la pauvre bohémienne, si on peut compter sur un dieu vivant ─ il est affolant de penser que nul n'en sait rien et que personne, à l'exception de quelques êtres douloureux, n'en veut entendre parler... » (Léon Bloy, Méditations d'un solitaire, 1916.)

     Nul n'en veut entendre parler, car ce serait obliger les hommes à fuir leurs « divertissements » et à s'interroger, plus encore que sur la valeur de leur civilisation, sur la nature et le devenir de leurs âmes. Or tout ce qui est solitude, contemplation et prière est considéré de nos jours comme inutile et ridicule.

    « L'homme n'a de contact avec son âme que par la vie intérieure, et dans la civilisation des Machines la vie intérieure prend peu à peu un caractère anormal. Pour des millions d'imbéciles, elle n'est qu'un synonyme vulgaire de la vie subconsciente, et le subconscient doit rester sous le contrôle du psychiatre... » (Georges Bernanos, La France contre les robots.)

    Une caractéristique fondamentale de la déviation moderne est en effet le recours ou l'illusion dans tous les domaines au subconscient, c'est-à-dire au psychisme inférieur, et ceci dans l'ignorance ou l'oubli de ce que ces « ouvertures » vers les niveaux les plus bas, les plus animaux de l'être humain peuvent comporter de dégradant ou de dangereux. Les deux sources du « système » de Sigmund Freud sont en effet d'une part une très évidente obsession sexuelle, et de l'autre la négation de toute vie intérieur autre qu'alimenter par cette conscience inférieure... Or l'homme est un être ambivalent, à la fois nourri d'instincts animaux par cette infra-conscience, et illuminé d'intuition spirituelle par son sur-conscient, qui est la partie de son âme informée par cette parcelle d'Esprit divin qu'il est seul à posséder parmi les êtres vivants. La véritable « profondeur » de l'homme se trouve en direction de son centre spirituel. Ramener toute vie intérieure au subconscient, c'est très exactement aliéner l'homme et faire de lui un animal.

    « La psychanalyse ne peut avoir effet que d'amener à la surface, en le rendant clairement conscient, tout le contenu de ces « bas-fond » de l'être qui forment ce qu'on appelle proprement le « subconscient » ; cet être, d'ailleurs, est déjà psychiquement faible par hypothèse, puisque, s'il en était autrement, il n'éprouverait aucunement le besoin de recourir à un traitement de cette sorte ; il est donc d'autant moins capable de résister à cette « subversion », et il risque fort de sombrer irrémédiablement dans ce chaos de forces ténébreuses imprudemment déchaînées ; si cependant il parvient malgré tout à y échapper, il gardera du moins, pendant toute sa vie, une empreinte qui sera en lui comme une « souillure » ineffaçable... » (René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, chap. XXXIV.)

    C'est là une nouvelle marque de cette confusion constante (et volontairement entretenue par certains, intoxiqués de freudisme, de surréalisme, de spiritisme et de teilhardisme) entre Intuition et instinct, sur-conscient et sub-conscient, spiritualité et infra-psychisme. Cette confusion basée comme toujours sur un usage erroné du vocabulaire, sur une aberration du langage, est la base de la mentalité « grégaire », à la fois veule et violente, de la société d'aujourd'hui. Elle trahit surtout l'entrée de l'humanité dans une phase avancée de l'asservissement de ses facultés psychiques aux puissances d'« en-bas » qui, pour mieux tromper leurs victimes, se présentent sous les apparences, approximatives, des puissances véritablement spirituelles d'« en-haut », assaut maintenant généralisé qui montre bien que nous sommes en pleine phase de « dissolution » spirituelle et psychique.
    C'est peut-être, au regard du proche avenir, dans le domaine de l'éducation que le freudisme aura produit le plus de dégâts irréparables. sous prétexte de ne pas donner de « complexes » aux enfants, on les livre à l'anarchie. Ce texte paru il y a quelques années dans une revue américaine nous dispensera de plus longs commentaires :

    DOUZE CONSEILS DE LA POLICE
    POUR FAIRE DE VOTRE ENFANT
    UN « BON » DÉLINQUANT

    1. Dès l'enfance, donnez-lui tout ce qu'il désire. Il grandira ainsi en pensant que le monde entier lui doit tout.
    2. S'il dit des grossièretés, riez. Il se croira malin.
    3. Ne lui donnez aucune formation spirituelle. Quand il aura 21 ans, « il choisira lui-même. »
    4. Ne lui dites jamais : c'est mal ! Il pourrait faire un complexe de culpabilité. Et plus tard, lorsqu'il sera arrêté pour vol d'autos, il sera persuadé que c'est la société qui le persécute.
    5. Ramassez ce qu'il laisse traîner. ainsi il sera sûr que ce sont toujours les autres qui sont responsables.
    6. Laissez-lui tout lire. Stérilisez sa vaisselle, mais laissez son esprit se nourrir d'ordures.
    7. Disputez-vous toujours avec lui. Quand votre ménage craquera, il ne sera pas choqué.
    8. Donnez-lui tout l'argent qu'il réclame. qu'il n'ait pas à le gagner. Il ferait beau voir qu'il ait les mêmes difficultés que tous !
    9. Que tous ses désirs soient satisfaits : nourriture, boisson, confort, drogue éventuellement ; sinon, il serait « frustré ».
    10. Prenez toujours son parti. Les professeurs, la police lui en veulent à ce pauvre petit !
    11. Quand il sera un vaurien, proclamez vite que vous n'avez jamais rien pu en faire.
    12. Préparez-vous à une vie de douleur. Vous l'aurez !

    On a ainsi vu hélas l'enseignement envahi par d'étranges méthodes nommés lecture globale, mathématiques modernes, nouvelle pédagogie du français etc., et qui ont pour effet visible autant qu'accéléré de faire baisser d'année et année le niveau des études et d'y introduire l'anarchie : plus de discipline, suppression de l'orthographe et de la grammaire, abandon des références aux auteurs classiques, priorité absolue de la langue orale sur la langue écrite... On nous « élève » d'ores et déjà de parfais petits barbares, et cela avec le plus complet cynisme, car on a entendu en 1972 lors d'une séance de travail de la « commission de réforme » du rapport Rouchette, M. Pierre Barberis, président de l'Association française des professeurs de français, déclarer :

    « Il y a là une révolution qui va loin, et suppose l'exacte inversion des rapports humains de notre société... »

    Quand Jules Monnerot, dans sa Sociologie de la révolution (Fayard) déclare que :

    « les révolutionnaires se sont emparés des cerveaux et du système nerveux de la société »,

    Il ne parle pas pour ne rien dire, et c'est donc bien à une inversion délibérée que nous assistons : à cette inversion générale des valeurs dans laquelle les hommes de Tradition reconnaissent la phase finale de destruction de nos sociétés.
    Les protagonistes de cette liquéfaction de l'éducation sont pour un petit nombre parfaitement conscients et font partie de ces forces très cohérentes qui ont pour tâche de détruire ce qui reste de l'Occident ; mais la plupart sont aveugles et croient sincèrement par cette destruction même promouvoir une nouvelle société, car ils sont intoxiqués à leur insu par toute une « philosophie » qui de Rousseau à Marcuse proclame la bonté ontologique de l'homme et de la nécessité de « faire confiance » à ses instincts... Ainsi se trouvent balayés aujourd'hui dix-huit siècles de sagesse chrétienne fondée sur la connaissance de l'imperfection de l'homme et des moyens adéquats pour l'améliorer.
    L'émulation, la sélection, la promotion d'une élite étaient jusqu'à présent les buts avoués de toute éducation digne de ce nom... Voilà des mots qui font aujourd'hui taxer celui qui les prononce de noir réactionnaire ! Par-tout le postulat c'est la notion même de hiérarchie qui est moquée puis détruite, partout c'est l'autorité en tant que telle qui dans tous les domaines est traité de « flic » dans des feuilles publiques d'année en année plus nombreuses.

    Les opposants à cette liquéfaction générale sont isolés, impuissants... La majorité soupire, hausse les épaules ou bien, convenablement conditionnée, sourit aux anges !

    « Où allons-nous ? Démission des parents, démission des professeurs et de l'Université, démission des autorités civiles (on pourrait ajouter : religieuses) : nous ne nous étonnons plus si à des agitateurs professionnels se joignent des jeunes gens qui ne songent pas seulement à s'amuser et se dressent contre une société trop mal en point pour qu'ils y trouvent un appui... » (Elizabeth Borione, De démission en démission in « L'Université française », n° 59 de juin-juillet 1971.)

    Déjà dans les classes des écoles de New York on a dû placer des policiers en civil pour éviter aux professeurs de se faire lyncher. (De même dans les rames du métro pour éviter aux voyageurs de se faire dévaliser.) Attendons-nous à voir cela bientôt en Europe... Cette jeunesse n'est-elle pas dès le berceau audio-visuellement intoxiquée par la violence ? Elle n'est pas pire que les générations précédentes : on l'a seulement abandonnée aux démons qui hantent éternellement les plus faibles des hommes.

    Marie à San Damiano a prononcé ces mots :

    « Mon cœur est dans l'amertume, particulièrement à cause de la jeunesse » (19 février 1966)

    « Priez pour la jeunesse qui court à sa perte de jour en jour » (5 mai 1967)

    « Il y en a tant sur la route qui gémissent, pleurent, ont faim, et font aussi des péchés d'iniquité, parce qu'ils sont abandonnés de tous ! » (mai 1967)

    Car la plupart des parents ne s'occupent plus que de leur corps et ont abandonné leurs âmes... A propos de jeunesse on nous parle aussi de drogue, et en effet 90 % des drogués ont en France moins de 25 ans. Pourtant les pires drogues ne sont pas chimiques, mais psychologiques et spirituelles, et c'est d'abord le vide spirituel de notre époque que viennent occuper les philtres les plus démoniaques.

    « L'attrait pour les « paradis artificiels » n'est jamais aussi grand que lorsque les paradis naturels semblent perdus... (Paul Sérant, Lettre à Louis Pauwels sur les gens inquiets et qui ont bien le droit de l'être, « La Table Ronde », 1972, p. 106.)

    Et il n'est pas de domaine où l'on observe le plus tragiquement la réduction de l'homme au plan animal que celui de l'instinct sexuel aujourd'hui débridé. Domaine où l'hypocrisie s'ajoute à l'incohérence ! Car que doit-on  penser d'une société qui ferme les bordels et ouvre des porno-shops ?... Là encore, nous pouvons observer la succession eschatologique de la phase de solidification (le puritanisme hypocrite du XIXe siècle) puis de la phase de liquéfaction (la « sexplosion » actuelle). Ce qui était contenu maintenant explose, parce qu'on avait méconnu la nature profonde de l'homme réel. Les philosophes du XVIIIe siècle avaient inventé un homme utopique. La nature des choses aujourd'hui se venge ! Le culte de la Raison, la négation du péché comme de l'Intuition spirituelle, la destruction des religions, ont abouti à ce que l'orgueilleuse Raison avait nié : le retour en force, le déchaînement des pulsions irrationnelles en un enfer dantesque revu et corrigé par Kafka !

    Qui nie le divin obtient l'infernal ! Les fruits de la deification de la Raison, les voici : d'abord le retour de la magie, et de la plus noire magie ! Au nom de doctrines orientales caricaturées, on assiste aujourd'hui à une prolifération, en Europe comme en Amérique de spirites de basse estrace, de faux swamis, de prétendus yogis, de soi-disant mages tibétains, de « grands maîtres » plus lucifériens que taoistes, bouddhistes ou soufis,... tous promptement auto-« initiés » et « diplômés » !...

    Ensuite le retour de la barbarie assaisonnée de délires nouveaux à l'échelle planétaire : guerres d'enfer, oppressions policières, tortures, camps d'extermination, génocides perpétrés par des techniciens, etc.
    Enfin, partout, que ce soit dans la planification à outrance ou l'anarchie capitaliste, le nivellement technocratique et la mise en condition des cerveaux !
    Sous la dictature audio-visuelle des machines à transmettre le son et l'image et à véhiculer les informations « dirigées » par l'État omniprésent et tout-puissant, se construit sous nos yeux et sur toute la planète une société de termitières plastifiées et nickelées qui ressemble de plus en plus à celle qu'ont su imaginer, ou plutôt « pré-visionner » les romanciers de science-fiction, ou plutôt de politique-fiction les plus audacieux, tels que, plus encore qu'Aldous Huxley ou Georghiu, le génial George Orwell, auteur de 1984 (livre de poche)... Que le lecteur séduit, effrayé ou indigné par ce que nous écrivons ici se plonge donc dans ce roman qui est de moins en moins une anticipation : il y trouvera la suite terriblement logique de nos propos... Sinon, qu'il continue à s'endormir dans le roman rassurant des prédicateurs, mandatés et pourvus, de la religion officielle du « Progrès »...

    « La crise mondiale actuelle, envisagée au point de vue des énergies cosmiques qui y manifestent leur action, comporte entre autres caractéristiques, un déploiement croissant de ce Pouvoir de suggestion et d'illusion que les théologiens catholiques appellent « le Diable ».
    (J. C. in Études traditionnelles de juillet-novembre 1951, numéro spécial consacré à René Guénon.)

    La grande habileté du prince de ce monde, qui est toujours duel, qui est toujours double, c'est de susciter deux factions qui se combattent au nom de leurs « vérités » respectives, qui sont en fait deux erreurs. Ainsi hier, l'écrasement du nazisme démoniaque a abouti à la mainmise du communisme démoniaque sur la moitié de l'Europe et sur une partie du Tiers-Monde. Ainsi aujourd'hui, devant une Europe de l'Est et une Chine concentrationnaires, un Occident dégénéré se liquéfie dans un système de production, de consommation et de profit qui d'ailleurs se désagrège d'année en année... Les dirigeants de cet Ouest pourrissant ont implicitement pour devise « Après moi le déluge ! ». Et le monde d'« ordre » et de pénurie d'en face attend sa proie avec gourmandise...

    « Communiste ou fasciste, dirigiste ou libéral, ce monde est vieux. On peut même dire qu'il est sénile. L'extrême sénilité est une monstrueuse enfance, ressemble à l'enfance comme tumeur cancéreuse à l'embryon dont elle reproduit l'activité cellulaire, mais une activité sans frein et sans but... Sa décrépitude se marque à son imagination entièrement asservie au pratique, à sa haine de la souffrance et de la pauvreté... Quant aux États, il ne s'est jamais agi entre eux que de s'assurer le plus d'avantages possible dans la liquidation générale de l'ancienne chrétienté, et les meilleures places dans le monde concentrationnaire futur... » (Georges Bernanos, Français, si vous saviez, Gallimard 1961, p. 271 et 312.)

    « Vue du dehors, l'amplitude des soubresauts de la société occidentale approche de la limite au-delà de laquelle le système perdra l'équilibre et s'effondrera... Ce n'est pas seulement la force brute qui triomphe au-dehors, mais sa justification enthousiaste. Le monde est emporté par la conviction cynique que la force peut tout, la justice rien... Un monde civilisé et timide n'a rien trouvé d'autre à opposer à la renaissance brutale et à visage découvert de la barbarie, que des sourires et des concessions. L'esprit de Munich est une maladie de la volonté chez les peuples nantis. Un état d'âme permanent chez ceux qui se sont abandonnés à la poursuite de la prospérité à tout prix, ceux pour qui le bien-être matériel est devenu le but principal de leur vie sur terre... Le prix de la lâcheté est toujours le mal... Mais n'oublions pas que la violence ne vit pas seule, qu'elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée par le plus étroit des liens naturels, au mensonge... Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle... » (Alexandre Soljenitsyne, Discours de Stockholm in « Les droits de l'écrivain », Seuil 1972, p. 112.)

    Et pendant que l'Occident se vautre ainsi dans la lâcheté, la jouissance, l'anarchie et l'hystérie, un silence de fer pèse sur les nations militairement collectivisées :

    « Des peines de 25 ans de prison, des cellules dont les murs givrés de glace et où les prisonniers n'ont que leurs sous-vêtements, des asiles de fous pour les gens sains d'esprit, d'innombrables gens qui, pour des raisons mystérieuses s'obstinent à fuir et sont abattus aux frontières, tout cela est courant et parfaitement accepté... Malheur au pays dont la littérature est menacée par l'intervention du pouvoir. Car il ne s'agit plus là d'une violation du « droit d'écrire », c'est l'étouffement du cœur d'une nation, la destruction de sa mémoire... Quand des écrivains comme Evguéni Zamiatine ─ enterrés vivants pour le reste de leur vie ─ sont condamnés à créer en silence jusqu'à leur mort, sans entendre jamais l'écho des mots qu'ils ont écrits, alors ce n'est plus seulement une tragédie personnelle, c'est le martyre d'une nation tout entière. Et même dans certains cas - lorsqu'il résulte d'un tel silence que l'ensemble des faits historiques cesse d'être compris, ─ c'est un danger pour l'ensemble de l'humanité... » (Alexandre Soljenitsyne, ibidem, p. 106 et 110.)

    En 1937, le romancier C.S. Lewis avait décrit dans Le silence de la Terre, envoûtant roman fantastique et symbolique, le déroulement d'une guerre planétaire dont l'enjeu n'était rien moins que la Possession de l'âme humaine... Ce n'était, un quart de siècle à l'avance, que la prédiction des guerres révolutionnaire de ces années-ci, qui ne sont que le début de la plus gigantesque entreprise d'asservissement des âmes de l'histoire de l'humanité, car son champ est la planète tout entière, son outil la suppression définitive de toute idée de Dieu, et le but le contrôle des êtres humains par une poignée de « maîtres » aussi efficaces que cachés.

    Et la part de l'humanité qui prétend « penser » en épousant ces idéologies, au nom de la « Liberté » bien sûr, n'a même pas l'excuse de n'être pas informé. Qu'il s'agisse de Marx, de Lénine, d'Hitler, ou de Mao Tsé-Toung, tous ont par écrit, dès le début de leur action, défini leurs buts. De même, les plus « efficaces » des vrais « maîtres noirs » de la planète qui « tirent les ficelles » à visage voilé s'inspirent tous plus ou moins d'occultistes tels que Gurdjieff (lui est connu, combien d'autres ne le sont pas !) qui déclare dans l'ouvrage de son disciple Ouspensky, Fragments d'un enseignement inconnu :

    Ma voie est celle du développement des possibilités cachées de l'homme. C'est une voie contre la nature et contre Dieu... »

    Nous voilà donc prévenu !... Ce qui ne nous empêche pas d'entendre fréquemment des « spiritualistes » déboussolés se réclamer de telles idéologies !

    Certes, il a toujours existé, et dès le début de ce que nos connaissances nous permettent d'appeler « l'Histoire », des mages noirs dont le but avoué était l'obtention des « pouvoirs ». Mais les fins d'Âges, ou de sous-cycles importants (comme celui qui a « qualifié » la décadence de l'Atlantide) sont caractérisés par des phénomènes de « transfert » de ces « idéaux magiques » des individus aux sociétés. C'est pourquoi notre civilisation mécaniste et technocratique tout entière, par la nature des buts qu'elle se propose et par les instruments qu'elle se forge, prend, à vitesse accélérée, un visage de « magie noire », et ceci dans tous les domaines de son activité, de ses techniques et de ses arts : notre époque, fin du Cycle adamique tout entier, selon la loi des compensations cycliques, représente en effet le « renversement » de l'Âge d'Or et le temps de réalisation de tout ce qui avait été repoussé, refoulé autrefois comme contraire à la Tradition et à l'équilibre du monde : nous sommes, sur le plan psychique surtout, la « poubelle » de l'histoire et de la proto-histoire...

    En particulier, le monde démoniaque tout entier, conscient d'ailleurs que cette « liberté » sera courte, se rue avec délices sur notre monde de la Fin, profitant de ces « passages » du monde invisible que les traditionalistes appellent « les fissures de la Grande Muraille » et qui ne sont ouvertes que justement parce que nous sommes en effet passés de la « solidification » à la « liquéfaction » des structures psychiques et spirituelles... Écoutons sur ce point René Guénon :

    « Dans la tradition islamique, ces « fissures sont celles par lesquelles pénètrent, aux approches de la fin du Cycle, les hordes dévastatrices de Gog et Magog (dans la tradition hindoue, ce sont les démons Koka et Vikoka dont les noms sont évidemment similaires) qui font d'ailleurs des efforts incessants pour envahir notre monde ; ces « entités » qui représentent les influences inférieures dont il s'agit, et qui sont considérées comme menant actuellement une existence « souterraine », sont décrites à la fois comme des géants et comme des nains, ce qui les identifie, tout au moins sur un certain rapport, aux « gardiennes des trésors cachés » et aux forgerons du « feu souterrain », qui ont aussi un aspect extrêmement maléfique... Maintenant, c'est-à-dire en ce qui concerne la période que nous pouvons désigner comme la seconde partie des temps modernes, et qui est déjà commencé..., non seulement les fissures peuvent de nouveau se produire de plus en plus largement, et présenter un caractère bien plus grave que jamais, en raison du chemin descendant qui a été parcouru dans l'intervalle, mais les possibilités de réparation ne sont plus les mêmes qu'autrefois ; en effet l'action des centres spirituels s'est fermée de plus en plus parce que les influences supérieures qu'ils transmettent normalement à notre monde ne peuvent plus se manifester à l'extérieur étant arrêtées par cette « coquille » impénétrable dont nous parlions tout à l'heure ; où donc, dans un semblable état de l'ensemble humain et cosmique tout à la fois, pourrait-on bien trouver une défense tant soit peu efficace contre les « hordes de Gog et Magog ? » (René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des Temps, N.R.F., 1945, p. 170-2.)

    Les centres spirituels de l'humanité ─ ou ce qu'il en reste ─ sont en effet les sentinelles que l'Esprit a placées devant les hordes maléfiques de démoniaques (dont les armées révolutionnaires ne sont en notre temps que les « véhicules » visibles) et d'autre part les « antennes » spirituelles par lesquelles l'humanité peut continuer à rester en communication avec le monde divin. On conçoit dès lors que la nature même de notre époque et sa place dans le Cycle rende exceptionnellement possible la destruction aussi progressive qu'inéluctable de ces sanctuaires. Mais nous voyons de nos jours le processus s'accélérer sous nos yeux.

    Ainsi, avons-nous appris il y a douze ans ─ malgré la discrétion d'une presse rompue à la pratique de l'indignation unilatérale ─ l'investissement du Tibet par les troupes communistes chinoises, guerre et destruction accompagnées de raffinements tels que l'émasculation de la population mâle, « formalisé » dont aucune « Ligue des droits de l'homme » ne s'est bien sûr inquiétée en Occident, les cadavres et les victimes n'étant pas convenablement tournés dans le « sens de l'Histoire »... Sur le plan eschatologique et spirituel,

    « ... il n'est pas douteux que dans un sens « cyclique », la disparition de la dernière civilisation traditionnelle intégrale qui existait dans le monde est un évènement dont les implications vont très loin, un « Signe des Temps » qui ne peut être lu que par ceux qui ont des yeux pour « voir » ; dans l'ensemble du monde, si quelques-uns ont protesté contre l'abominable traitement infligé aux Tibétains, la plupart se sont contentés de prendre une attitude de cynisme complaisant en face de l'outrage, en soutenant leur propre mauvaise conscience au moyen de subterfuges légalistes concernant le statut international du Tibet avant l'invasion ; et pendant ce temps, le travail de subversion continue sans empêchement, au refrain incessant de l'emphase progressiste accompagnée de cette cruauté méticuleuse où les communistes maîtres de la Chine ont si largement surpassé leurs mentors russes... » (Marco Pallis, « Le mariage de la Sagesse et de la Méthode », article des Études Traditionnelles de mai-décembre 1961.)

    Le peu que l'on sait aujourd'hui de la Chine nous permet cependant de connaître quel sort la « révolution culturelle » a réservé à de nombreuses pagodes qui faisaient autrefois l'orgueil du Céleste Empire. Des dizaines de milliers d'églises ont été non seulement désaffectées mais détruites en U.R.S.S. et en Albanie. ... De même c'est avec une grande souffrance que nous avons appris il y a cinq ans la destruction partielle des tombeaux des Empereurs d'Annam à Hué, où nous nous étions promené étant enfant... Cet ensemble prodigieux bâti au bord de la rivière des Parfums ne pouvait être comparé en cette Extrême-Asie qu'à l'ensemble de Pékin et à celui des temples d'Angkor, amoureusement restaurés depuis le début de ce siècle par l'École française d'Extrême-Orient, et qui sont aujourd'hui eux aussi menacés.

    Car c'est bien là un caractère de notre temps : tandis que les uns conservent et restaurent avec ferveur, les autres détruisent par barbarie, haine de la spiritualité, ou, à coups de bombes, pour « défendre » militairement, avec la meilleure conscience du monde... Chez nous, après tant de destructions imbéciles, fruit des fureurs révolutionnaires, mais plus encore du vandalisme mercantile comme à Cluny, nous assistons à la défiguration des sites et des villes anciennes, par la politique de l'automobile et la toute puissance des promoteurs ; et ceci dans l'indifférence absolue du « peuple souverain » que jamais d'ailleurs à l'école ou au lycée on n'a essayé d'initier à l'histoire de l'Art, ou au respect de l'architecture...

    Ainsi sur le monde entier s'avance le grand bulldozer démoniaque qui en notre Fin des Temps se donne pour tâche de détruire toute beauté, toute spiritualité, toute tradition. Nous étonnerons-nous de voir aux commandes les peuples hier colonisés par nous et qui nous rendent maintenant au centuple les leçons de violence que nous leur avons données ?

    « Les Européens se sont disputé le profit de déniaiser, d'instruire et d'armer des peuples immenses, immobilisés dans leurs traditions, et qui ne demandaient qu'à demeurer dans leur état... » (Paul Valéry, Regards sur le monde actuel, avant-propos.)

    Ils leur ont en particulier envoyé des propagandistes politiques qui, profitant de leur décadence « traditionnelle » (car cette décadence spirituelle est aujourd'hui planétaire, ne l'oublions pas) ont réveillé leur passivité (d'ailleurs relative : la Chine s'emploie à envahir l'Indochine depuis des siècles !). Les prophéties nous mettaient en garde : Ne réveillez pas le dragon ! Aujourd'hui le Japon a dépassé la puissance industrielle de l'Allemagne, s'acheminant à brève échéance vers la place de seconde puissance mondiale, et la Chine, malgré ses guerres civiles baptisées « révolutions culturelles », est très avancée dans la fabrication des bombes H, dont il ne semble pas qu'elles soient uniquement défensives...

     « Les misérables Européens ont mieux aimé jouer aux Armagnacs et aux Bourguignons, que de prendre sur toute la Terre le grand rôle que les Romains surent prendre et tenir pendant des siècles dans le onde de leur temps... L'Europe sera punie de sa politique ; elle sera privée de vins et de bière et de liqueurs. Et d'autres choses... (ibid., chap. « Notes sur la grandeur et la décadence de l'Europe », écrit en 1927.) Nous avons étourdiment rendu les forces proportionnelles aux masses... » (ibid., « La crise de l'Esprit », 1929). Tout ceci, conclut Valéry, « entraîne fatalement le retour de l'Europe au rang secondaire que lui assignent ses dimensions... » (ibid., avant-propos).

    Pauvre Europe ! En dehors de quelques unions économiques déjà bien laborieuses, les Européens, vingt-huit ans après la fin de la seconde guerre mondiale, ne sont toujours pas capables de s'unir en Fédération politique ! D'année en année, notre angoisse est grande, à nous qui sommes depuis longtemps Européen, de ne voir toujours pas ─ sauf dans quelques milieux de jeunes ─ naître et s'exprimer l'ébauche même d'un patriotisme européen ! Certes l'Europe se fera tôt ou tard, et certainement en pleine crise, sous la pression des évènements les plus sanglants, car il faudra bien que la race blanche s'unisse si elle veut survivre, au moins en partie. Mais que de souffrances pourraient dans un avenir proche être évitées par un prompt dépassement des chauvinismes et des nationalismes imbécilement anachroniques ! Certes la mauvaise volonté de certains chefs d'États mégalomanes retarde l'enfantement européen (quoique les peuples nourrissent eux-mêmes des vanités identiques : Les peuples ont les gouvernements qu'ils méritent, disait cruellement mais véridiquement Joseph de Maistre) : mais nous pensons que tant que le cadre des États actuels sera respecté, l'Europe sera impossible : nous sommes en effet, cycliquement, à la fin du « Temps des Nations » et les vieilles frontières sont des sottises onéreuses. C'était l'idée de Goethe (et de Paul Le Cour) qu'il fallait d'abord rendre leur autonomie aux Provinces, avec leurs parlements et leurs législations, avant de construire véritablement et l'Europe sous forme d'une Fédération de Province unies. Les mouvements d'autonomie provinciale si vigoureux aujourd'hui pourraient être le moteur d'une telle évolution s'ils n'étaient pas hélas dirigés avant tout par des fauteurs de désordre et de subversion...

    Ainsi, les « Lumières » de la science, et de la démocratie et du « Progrès » devaient unir les peuples ; or jamais les politiques n'ont été plus intransigeantes, les nationalismes plus virulents, et n'ont autant isolé les peuples dans leur haine orgueilleuse et armées ! Certains peuvent s'offrir à la fois « le beurre et les canons », mais tous et même les plus pauvres forgent des armes qui n'ont d'autre but que de porter la révolution, c'est-à-dire la misère et la tyrannie, chez le voisin. Et le tout dans un concert assourdissant d'insultes où les bourreaux crient à l'assassin et où la moitié du monde choisit les mains plus sanglantes pour y verser son apitoiement. Les passions, les préjugés et surtout l'intoxication des propagandes ont détruit le sens critique et celui des responsabilités. Les puissances démoniaques ont la voie libre. Tous les monstres anciens, sous des déguisements divers, chevauchent impunément nos continents. Seth, le Seigneur des Tempêtes, selon l'expression du Livre des Morts des Anciens Égyptiens au chapitre CLXXIV, souffle un vent desicorde qui n'est d'ailleurs encore qu'un zéphir au regard de celui qui déclenchera la « Grande Tribulation » de la fin du Cycle...

    Mais avant de nous épouvanter, et surtout d'accuser Dieu, n'oublions jamais que si les forces de destruction, qu'on les appelle Satan, Seth ou Kali, vont aujourd'hui se déchaînant, c'est selon un Ordre cosmique, une échéance cyclique, et en définitive, une harmonie supérieure qui est Ordre et Justice. Ce sont les forces pernicieuses que nos désobéissances millénaires ont déclenchées qui nous retombent sur le dos, et qui viennent effacer, par leur déchaînement même, l'Empire du Mal que nous avons construit, afin de préparer les Aubes d'Or futures.

    jean phaure

    Jean Phaure ─ Le Cycle Adamique de l'humanité (1973)
    Chapitre VIII : Les signes de notre Temps
    6. La liquéfaction : La subversion finale
    Édition Dervy, 1988, p. 445-460

  • Julius Evola : « Vie et mort des civilisations »

    705460197.2.jpgLà où la tradition conserva toute sa force, la dynastie ou succession de rois ayant reçu le sacre, représenta donc un axe de lumière et d’éternité dans le temps, la présence victorieuse du supramonde dans le monde, la composante « olympienne » qui transfigure l’élément démonique du démos et donne un sens supérieur à tout ce qui est État, nation et race. Et même dans les couches les plus basses, le lien hiérarchique créé par un rattachement conscient et viril constituait un moyen d’avancement et de participation.

    De fait, même la simple loi, émanée d’en haut et investie d’une autorité absolue, était, pour ceux qui ne pouvaient allumer eux-mêmes le feu surnaturel, une référence et un soutien au-delà de la simple individualité humaine. En réalité, l’adhésion intime, libre et effective de toute une vie humaine aux normes traditionnelles, même en l’absence d’une pleine compréhension de leur dimension interne susceptible de la justifier, agissait de telle sorte que cette vie acquérait objectivement un sens supérieur : à travers l’obéissance et la fidélité, à travers l’action conforme aux principes et aux limites traditionnelles, une force invisible la modelait et la situait sur la même direction que celle de cet axe surnaturel, qui chez les autres – le petit nombre au sommet – vivait à l’état de vérité, de réalisation, de lumière.

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  • Luc-Olivier d'Algange : « Des héros et des dieux »

    3545932214.jpgToute science politique qui s'écarte ostensiblement de l'humanitas suscite en nous une juste aversion. Nous redoutons et nous repoussons les théories dont nous devinons qu'elles peuvent abonder dans le sens de la barbarie. Mais sommes-nous pour autant à même de comprendre ce qu'est au juste cette humanitas dont nous nous réclamons ? Pourrons-nous encore longtemps tirer les conséquences d'une idée dont l'origine s'assombrit dans un oubli de plus en plus profond ? Que savons-nous, par exemple, du dessein de la Grèce archaïque et classique qui fut à l'origine des sciences et des arts que l'on associe habituellement à la notion d'humanitas ?

    Il est fort probable que cette notion d'humanitas, telle qu'elle fut comprise autrefois diffère bien davantage encore que nous ne pouvons l'imaginer de l'humanité, de l'humanitarisme voire de l'humanisme tels que nous les envisageons depuis deux siècles. Peut-être même notre « humanité » est-elle devenue plus étrangère à l'humanitas que ne le sont aux modernes occidentaux les chamanismes et les rites archaïques des peuplades étrangères. La médiocrité à laquelle nous consentons, le dédain que nous affichons à l'égard de notre littérature, de notre philosophie et de notre style, ne sont-ils point le signe d'une incompétence croissante à faire nôtre une notion telle que l'humanitas ? Quelques-uns d'entre nous, certes, font encore leurs humanités, d'autres entreprennent de louables actions « humanitaires » mais il n'est pas certain que les uns et les autres fussent encore fidèles, si peu que ce soit à l'humanitas.

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  • Jonathan Daudey : « Nietzsche, médecin de la modernité »

    12631271_1003248869717308_5282643604809415443_n.jpg« Serait-ce que notre culture moderne manquerait de "philosophie" ? », questionne Nietzsche. La philosophie n'est pas absente, elle est même sur-représentée, mais utilisée à mauvais escient. Ce qui manque, c'est une philosophie puissante, affirmatrice de la positivité de la vie et affirmatrice de valeurs. La foi du dernier homme en un relativisme forcené, ce nihilisme comme étendard de l'époque, marque assurément une chute, ou plutôt un effacement progressif de la philosophie au profit d'un pessimisme redoutable. Nous comprenons « le pessimisme comme première forme du nihilisme », car à vrai dire « son nom devrait être remplacé par celui de nihilisme ». Qui est le « dernier homme » nietzschéen ? C'est précisément celui qui défend la grande trinité des -ismes : pessimisme, relativisme, nihilisme. Ces symptômes de la maladie que diagnostique Nietzsche, en tant que philosophe-médecin, décrivent le désastre dans lequel baigne le monde actuel. La « pensée » du dernier homme pourrait se résumer à dire que tout n'est que décadence, tout se vaut et rien n'a de valeur. Cette posture constitue le symptôme de « la faiblesse de personnalité qui caractérise l'époque moderne ». La faiblesse nihiliste traduit l'inaptitude de l'homme moderne à s'affirmer, à prendre position, à faire valoir sa volonté de puissance. La trinité du dernier homme constitue la preuve d'une puissance amoindrie et affaiblie. Ceci entraîne Nietzsche à exposer deux causes du nihilisme, intimement liées : l'absence d'une race d'hommes supérieurs (une forme d'aristocratie de l'humanité) et l'avènement du « troupeau », du « peuple » ou de la « masse ». Ces travers viennent enfoncer l'humanité dans le nihilisme le plus féroce, provoquent la décadence de toute supériorité, de toute possibilité du surhumain.

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  • Fréquence Orages d'Acier #43 : « Mishima, messager du futur »

    Fréquence Orages d’Acier vous propose de revenir sur la vie et l’œuvre de celui qui fut considéré comme le dernier samouraï : Yukio Mishima.

    Émission avec Xavier Javel présentée par Monsieur K.

    yukio mishima,orage d'acier
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  • Gabriele Adinolfi : « De la communication politique »

    gabriele adinolfi,communication,novlangue,pascal lassalle,eurhope,lansquenetsGabriele Adinolfi, directeur de l’Institut Polaris (Rome) et initiateur du Projet Lansquenet, donne régulièrement des cours de formation politique pour la formation de cadres agissant en métapolitique, en politique, en communication et en économie.


    Voici le 2ème cours de préparation en ligne pour les français et les francophones du 1er octobre 2016 autour des thèmes suivants:

    • La communication et la persuasion, le langage et la déstructuration psychique : comment les reconnaître et y faire face.
    • La communication sociale, culturelle et politique : être efficaces. Communiquer sans perdre l’âme.
    • Les mécanismes à reconnaître et à maîtriser.
    • L’art martial de la propagande.

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