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julius evola - Page 3

  • Valérien Cantelmo : « Retour sur "Impérialisme Païen" de Julius Evola »

    julius evolaSi l’œuvre de Julius Evola (1898-1974) et sa conception on-ne-peut-plus aristocratique de l’existence ont été largement diffusés en France depuis le gros travail de traduction entrepris par Philippe Baillet et si le Baron est aujourd’hui encore considéré comme l’une des figures de référence de la dissidence européenne, force est de constater que sa pensée n’est finalement connue qu’à travers un nombre très restreint de titres. L’exclamation « révolte contre le monde moderne » est devenue le cri de ralliement de la pensée réactionnaire tandis que l’image d’un homme chevauchant un tigre ou se tenant debout parmi les ruines incarne l’idée de résistance spirituelle face à la déferlante matérialiste et à la régression anthropologique promues par notre époque (en référence à son œuvre majeure : Révolte contre le Monde Moderne (1934) ainsi qu’à deux de ses plus connues : Les Hommes au Milieu des Ruines (1953) et Chevaucher le Tigre (1961). Pourtant l’originalité de la pensée de Julius Evola et la bouffée d’air frais que celle-ci apporte à la platitude et au néant culturel ambiants méritent que l’on s’attarde également sur certains de ses ouvrages considérés comme secondaires, ou en tout cas caractéristiques d’une période antérieure à la complète maturation « idéologique » du penseur italien.

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  • Julius Evola : « Double aspect de l'anonymat »

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    [...] Nous examinerons maintenant le problème de la personnalité et de l'individu dans le monde contemporain.

    Nombreux sont ceux qui déplorent aujourd'hui la « crise de la personnalité », et celui qui se pose encore en défenseur de la civilisation occidentale en appelle souvent aux « valeurs de la personnalité », qu'il considère comme un élément tout à fait essentiel de la tradition européenne.

    Un problème se pose donc et il ne suffit pas, pour l'éclaircir, de s'en tenir aux arnaques faciles contre le collectivisme, la mécanisation, la standardisation, et la « désanimation » de l'existence moderne. Il faudrait, en outre, préciser clairement ce qui doit être sauvé. Mais les intellectuels qui prennent aujourd'hui à cœur la « défense de la personnalité » n'apportent aucune réponse satisfaisante à cette question parce qu'ils en restent à ce que nous avons déjà appelé le régime des formes résiduelles et continuent, presque sans exception, à penser et à juger selon les catégories du libéralisme, du droit naturel ou de l'humanisme.

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  • Julius Evola : « L'action sans désir. La loi causale »

    julius evolaIl faut maintenant porter notre attention sur un aspect particulier de l'attitude que nous examinons ici, aspect qui peut s'appliquer à un domaine plus large et qui n'est pas nécessairement exceptionnel : le domaine de la vie active, entendu comme celui des œuvres, des activités et des réalisations dont l'individu prend délibérément l'initiative. Il ne s'agit plus ici de la simple expérience vécue, mais de processus ordonnées en vue d'une fin. La conformation de notre type d'homme, telle que nous l'avons décrite, doit aboutir, dans ce domaine, à une orientation dont le monde de la Tradition avait déjà résumé l'essence dans deux maximes fondamentales. La première de ces maximes dit qu'il faut agir sans avoir égard aux fruits, sans tenir pour déterminantes les perspectives de succès ou d'insuccès, de victoire ou de défaite, de gain ou de perte, non plus que celles de plaisir ou de douleur, d'approbation ou de désapprobation d'autrui.

    On a appelé aussi cette force d'action, l' « action sans désir », et la dimension supérieure, dont on suppose la présence en soi, s'y affirme dans la capacité d'agir avec une application, non pas moindre, mais au contraire plus grande que celle dont peut faire preuve un type d'homme différent dans les formes ordinaires de l'action conditionnée. On peut encore parler ici de « faire ce qui doit être fait », de façon impersonnelle. La coexistence des deux principes, qui est nécessaire pour cela, apparaît encore plus nettement dans la seconde des deux maximes traditionnelles dont nous venons de parler : « agir sans agir ». C'est une manière paradoxale, extrême-orientale, d'indiquer une forme d'action qui n’entraîne ni ne « meut » le principe supérieur, l' « être » en soi, qui reste pourtant le vrai sujet de l'action, celui à qui elle doit sa force motrice primaire et qui la soutient et la guide du début à la fin.

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  • Julius Evola : Psychanalise de la "contestation"

    705460197.jpgUn des signes de l'affaiblissement de la culture actuelle est l'attention qu'on accorde à ce qu'on appelle le mouvement contestataire en général, et, en particulier, comme ne soit pas important, au contraire : mais il ne l'est que factuellement, comme signe des temps, et c'est uniquement en ces termes qu'il devrait être envisagé.

    Le « virus » des courants en question est une réaction violente contre les aspects négatifs du monde actuel ; mais ce qui est encore plus caractéristique, c'est qu'il ne s'agit dans tout cela que de manifestations instinctives désordonnées et anarchisantes, qu'on ne justifie en aucune manière en indiquant ce au nom de quoi on nie et on conteste. Même s'il n'était pas évident qu'elle obéit à des influences marxistes ou communistes, le fond « existentiel » de cette jeunesse contestataire n'en serait pas moins suspect. Un de ses dirigeants, Cohn-Bendit, a déclaré que ce pour quoi il lutte, c'est l'avènement d'un « homme-nouveau » : mais on a oublié de dire ce qu'est cet « homme-nouveau », et, si jamais il devait avoir pour modèle l'immense majorité des contestataires actuels dans leur individualité, leur comportement et leurs choix électifs, il n'y aurait qu'à dire : non merci, on s'en passera.

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  • Julius Evola : « Hiérarchie traditionnelle et humanisme moderne »

    julius evola,hiérarchie,humanisme,monde moderne,initiationPour comprendre l'esprit « traditionnel » et ce que le monde moderne a échafaudé pour le nier, il faut se rapporter à un enseignement fondamental : celui des deux natures.

    Comme il y a un ordre physique et un ordre métaphysique, il y a la nature mortelle et celle des immortels, la raison supérieure de l'« être » et celle inférieure du « devenir ». Partout où il y a eu « tradition » vraie, en Orient et en Occident, sous une forme ou sous une autre, cet enseignement a toujours existé.

    Ce n'est pas l'opposition de deux concepts, c'est celle de deux expériences, de deux modalités réelles de l'être. Ce qui est, aujourd'hui, difficile à comprendre, c'est que par « réalité » on ne connaît plus rien qui aille au-delà de ces concepts, même au-delà d'une partie de l'un d'eux : pour la plupart, de nos jours, réalité et monde des corps ne font qu'un.

    Ce qui est « physique » opposé à « métaphysique », ce qui devient et qui est mortel opposé à ce qui est stable et incorruptible, ne comprenait pas, traditionnellement, ce monde, mais, plus généralement, tout ce qui est « humain ». Comme le corps et les sens ─ générateurs de l'image matérielle du monde ─ les différentes facultés mentales, sentimentales et volontaires de l'homme étaient considérées comme parties intégrantes de la « nature » et, comme elle, privées d'être en soi, sujettes à la naissance et à la mort, à un destin de courte durée et de mutation. Elles appartenaient à l'« autre » par rapport à la spiritualité vraie, à l'état « métaphysique » de l'être et de la conscience. Par définition, l'ordre de « ce qui est » n'avait aucun contact avec les états et les conditions humaines.

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  • Julius Evola : Volonté d'aller de l'avant

    julius_evola_by_anton_giulio_bragaglia.pngQuiconque sait exactement en quoi consiste l'esprit occidental et veut tout mettre en œuvre pour le préserver tel quel, vivant, sans mélanges et sans altérations voit aujourd'hui s'avancer de pair avec le matérialisme, un danger nouveau et plus subtil : le danger spiritualiste.

    Jamais au cours de son histoire, il n'a été aussi difficile qu'aujourd'hui pour l'Occident de s'engager dans une direction qui soit vraiment conforme à sa tradition : et ceci en raison d'un singulier dilemme dans lequel il s'est lui-même enfermé.

    Que voyons-nous, aujourd'hui, en Occident ? D'une part, un monde d'affirmation, d'individualité et de réalisation sous le signe d'une vision objective (la science) et d'une action précise (la technique) mais ce monde est privé de lumière : sa loi est celle de la fièvre et de l'agitation ; sa limite, c'est la matière, la voix de la matière, la pensée abstraite appliquée à la matière. Et, d'autre part, on voit renaître un besoin de quelque chose de supérieur, d'un « autre chose » mais un tel besoin ignore aussi bien la loi de l'affirmation que la valeur de l'individualité et de la réalité et débouche sur les formes équivoques et mystiques soit d'un universalisme abstrait, soit d'une religiosité dévoyée. De telle sorte que là où l'Occident affirme le principe actif, guerrier et réaliste qui caractérise la tradition qui est la sienne, tout esprit en est absent, tandis que là où se manifestent des velléités spirituelles, le principe même de l'Occident fait totalement défaut, laissant la place à quelque chose qui lui est diamétralement opposé : c'est à ce moment-là que descendent les brouillards du néo-spiritualisme dont l'évasionnisme esthético-orientalisant, moralisant et humanitaro-bouddhiste est, telle une nouvelle barbarie exotique, l'exacte antithèse de l'esprit viril occidental.

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  • Julius Evola : « L'histoire secrète de la subversion »

    3567060822.jpgSuivant un ancien adage, Diabolus Deus inversus, le mal est moins l'effet d'une négation que l'inversion et la perversion d'un ordre supérieur. Cette vérité vaut aussi dans le domaine historique. L'histoire des erreurs auxquelles est due la crise de la civilisation moderne contemporaine attend encore d'être écrite et c'est justement par rapport à celle-ci que l'adage que nous venons de citer pourrait se révéler profondément vrai.

    Que les « immortels principes » de la démocratie, l'égalité, la « liberté », le rationalisme, l'internationalisme et le laïcisme maçonnique, le messianisme marxiste technico-économique aient été les principes poisons du monde moderne, c'est là ce dont personne ne doute plus. Mais rares sont ceux qui soupçonnent la véritable origine de ces erreurs. On suppose généralement qu'il s'agit là des produits d'une pensée philosophique sui generis, forgés et diffusés par des intellectuels révolutionnaires. Cela n'est vrai qu'en apparence; quant à leur genèse intérieure, elle est bien différente : ces erreurs sont le résultat du processus très précis d'involution spirituelle, de profanation, de « dégradation » et, enfin, d'inversion.

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