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Métaphysique - Page 5

  • Arnaud Guyot-Jeannin : « Julius Evola : Un portrait politique »

    Entretien du Cercle Henri Lagrange avec Arnaud Guyot-Jeannin (journaliste et essayiste).

    « Pour Evola l'idéal type, encore une fois c'est l'Empire.

    Alors ce n'est pas l'Empire de l'Union Européenne ni la Commission de Bruxelles, ça n'est pas un fédéralisme européen synarchique, technocratique, expertocratique, qui serait véritablement aux antipodes d'une conception spirituelle élevée, politique de l'Empire tel que Evola l'a souhaité.

    En revanche on peut poser la question, peut-être que la thématique impériale d'Evola n'est pas si nostalgique, n'est pas si inactive que ça, dans la mesure où l'Empire Européen légitimé par une spiritualité, une transcendance, devra bien un jour aboutir si l'on veut sortir du schéma traditionnel d'un impérialisme américano-occidental étouffant ou d'un islamo-salafisme wahhabite tout aussi étouffant. L'Empire Européen devra peut-être trouver par le principe de subsidiarité [...], essayer de composer un peuple qui soit à la fois homogène dans son unité, et hétérogène dans sa différence.

    Donc l'Empire Européen qu'Evola appelle de ses vœux contre l'Empire marchand bruxellois, ou contre la forme la plus totalitaire déchainé du marché, sont à mon avis des pistes qui sont encore aujourd'hui d'actualité. »


  • Valérien Cantelmo : « Retour sur "Impérialisme Païen" de Julius Evola »

    julius evolaSi l’œuvre de Julius Evola (1898-1974) et sa conception on-ne-peut-plus aristocratique de l’existence ont été largement diffusés en France depuis le gros travail de traduction entrepris par Philippe Baillet et si le Baron est aujourd’hui encore considéré comme l’une des figures de référence de la dissidence européenne, force est de constater que sa pensée n’est finalement connue qu’à travers un nombre très restreint de titres. L’exclamation « révolte contre le monde moderne » est devenue le cri de ralliement de la pensée réactionnaire tandis que l’image d’un homme chevauchant un tigre ou se tenant debout parmi les ruines incarne l’idée de résistance spirituelle face à la déferlante matérialiste et à la régression anthropologique promues par notre époque (en référence à son œuvre majeure : Révolte contre le Monde Moderne (1934) ainsi qu’à deux de ses plus connues : Les Hommes au Milieu des Ruines (1953) et Chevaucher le Tigre (1961). Pourtant l’originalité de la pensée de Julius Evola et la bouffée d’air frais que celle-ci apporte à la platitude et au néant culturel ambiants méritent que l’on s’attarde également sur certains de ses ouvrages considérés comme secondaires, ou en tout cas caractéristiques d’une période antérieure à la complète maturation « idéologique » du penseur italien.

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  • Guido De Giorgio : « Esprit de la Race et Race de l’Esprit »

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    Chaque race a sa tradition et celle-ci est d’origine sacrée. Cela signifie qu’elle représente un ensemble de principes et de normes qui s’appliquent hiérarchiquement sur tous les plans, procédant des plans les plus élevés aux plans inférieurs, de manière à embrasser tout le développement de l'activité humaine, dirigée toujours plus vers une seule vérité. Il n'y a pas de vie vraiment digne de ce nom en dehors de la Tradition, comprise au sens éminent du terme et non comme celui que l’Occident, depuis la fin du Moyen Âge, s'efforce d'affirmer en obéissant à une impulsion anarchique qui le pousse dans des cercles vicieux, dont chacun constitue un domaine séparé auquel on donne le nom de philosophie, art, science, norme politique et ainsi de suite.

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  • René Guénon : « Les étapes de l’action antitraditionnelle »

    410142978.pngAprès les considérations que nous avons exposées et les exemples que nous avons donnés jusqu’ici, on pourra mieux comprendre en quoi consistent exactement, d’une façon générale, les étapes de l’action antitraditionnelle qui a véritablement « fait » le monde moderne comme tel ; mais, avant tout, il faut bien se rendre compte que, toute action effective supposant nécessairement des agents, celle-là ne peut, pas plus qu’une autre, être une sorte de production spontanée et « fortuite », et que, s’exerçant spécialement dans le domaine humain, elle doit forcément impliquer l’intervention d’agents humains. Le fait que cette action concorde avec les caractères propres de la période cyclique où elle s’est produite explique qu’elle ait été possible et qu’elle ait réussi, mais il ne suffit pas à expliquer la façon dont elle a été réalisée et n’indique pas les moyens qui ont été mis en œuvre pour y parvenir. Du reste, il suffit, pour s’en convaincre, de réfléchir quelque peu à ceci : les influences spirituelles elles-mêmes, dans toute organisation traditionnelle, agissent toujours par l’intermédiaire d’êtres humains, qui sont les représentants autorisés de la tradition, bien que celle-ci soit réellement « supra-humaine » dans son essence ; à plus forte raison doit-il en être de même dans un cas où n’entrent en jeu que des influences psychiques, et même de l’ordre le plus inférieur, c’est-à-dire tout le contraire d’un pouvoir transcendant par rapport à notre monde, sans compter que le caractère de « contrefaçon » qui se manifeste partout dans ce domaine, et sur lequel nous aurons encore à revenir, exige encore plus rigoureusement qu’il en soit ainsi. D’autre part, comme l’initiation, sous quelque forme qu’elle se présente, est ce qui incarne véritablement l’« esprit » d’une tradition, et aussi ce qui permet la réalisation effective des états « supra-humains », il est évident que c’est à elle que doit s’opposer le plus directement (dans la mesure toutefois ou une telle opposition est concevable) ce dont il s’agit ici, et qui tend au contraire, par tous les moyens, à entraîner les hommes vers l’« infra-humain » ; aussi le terme de « contre-initiation » est-il celui qui convient le mieux pour désigner ce à quoi se rattachent, dans leur ensemble et à des degrés divers (car, comme dans l’initiation encore, il y a forcément là des degrés), les agents humains par lesquels s’accomplit l’action antitraditionnelle; et ce n’est pas là une simple dénomination conventionnelle employée pour parler plus commodément de ce qui n’a vraiment aucun nom, mais bien une expression qui correspond aussi exactement que possible à des réalités très précises.

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  • Guido De Giorgio : “Mercuriales Viri” : Art et Tradition

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    Le monde occidental actuel semble avoir oublié jusqu'aux grandes lignes les plus évidentes d'une véritable organisation traditionnelle, confondant sous l'effet d'une étrange incompétence les valeurs les plus pures de l'esprit avec les expressions hybrides d'une sentimentalité doucement déviatrice qui s'alimente exclusivement à ce qui est extérieur et profane. Nous entendons par extériorité ce qui se rapporte à l'individu comme tel, centre psychologique d'où s'irradie une activité qui est une véritable aberration par rapport à la vérité ; laquelle est au-dessus et au-delà de l'individu, dans une sphère de pure et radicale intériorité, où l'individualité est entièrement neutralisée et dissoute, comparable à la lumière incolore, alors que l'individu est clignotement, éclair chromatiquement indéterminé.

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  • Julius Evola : « L'action sans désir. La loi causale »

    julius evolaIl faut maintenant porter notre attention sur un aspect particulier de l'attitude que nous examinons ici, aspect qui peut s'appliquer à un domaine plus large et qui n'est pas nécessairement exceptionnel : le domaine de la vie active, entendu comme celui des œuvres, des activités et des réalisations dont l'individu prend délibérément l'initiative. Il ne s'agit plus ici de la simple expérience vécue, mais de processus ordonnées en vue d'une fin. La conformation de notre type d'homme, telle que nous l'avons décrite, doit aboutir, dans ce domaine, à une orientation dont le monde de la Tradition avait déjà résumé l'essence dans deux maximes fondamentales. La première de ces maximes dit qu'il faut agir sans avoir égard aux fruits, sans tenir pour déterminantes les perspectives de succès ou d'insuccès, de victoire ou de défaite, de gain ou de perte, non plus que celles de plaisir ou de douleur, d'approbation ou de désapprobation d'autrui.

    On a appelé aussi cette force d'action, l' « action sans désir », et la dimension supérieure, dont on suppose la présence en soi, s'y affirme dans la capacité d'agir avec une application, non pas moindre, mais au contraire plus grande que celle dont peut faire preuve un type d'homme différent dans les formes ordinaires de l'action conditionnée. On peut encore parler ici de « faire ce qui doit être fait », de façon impersonnelle. La coexistence des deux principes, qui est nécessaire pour cela, apparaît encore plus nettement dans la seconde des deux maximes traditionnelles dont nous venons de parler : « agir sans agir ». C'est une manière paradoxale, extrême-orientale, d'indiquer une forme d'action qui n’entraîne ni ne « meut » le principe supérieur, l' « être » en soi, qui reste pourtant le vrai sujet de l'action, celui à qui elle doit sa force motrice primaire et qui la soutient et la guide du début à la fin.

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  • Guido De Giorgio : « Quand les tours s’effondrent »

    GuidoDiGiorgio.jpgLe Vieux de la Montagne se réveilla : il regarda la plaine et la fièvre de la plaine, parcourant des yeux tours et pinacles, traça sur la terre sèche un signe étrange, et parla ainsi dans la nuit :

    Comme une fausse trêve dans une fausse nuit, ainsi dans cette longue agonie séculaire les constructeurs de tours font des nids au vent de leur bêtise : mais à chaque souffle de tourmente nouvelle, les tours s’écroulent. Les tours s’effondrent, ô constructeurs de tours.

    Depuis des siècles vous tissez la tromperie, votre tromperie, ô constructeurs de tours ; et les siècles vous dévorent ; au fond des siècles en vérité, dans l’invisible désert qui se déroule parallèlement à votre cheminement corrompu et titubant, il y a l’éternité, constructeurs de tours, ô constructeurs de tours.

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